La vie de mon village

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21 septembre, 2009

Saint EMILAND

Classé dans : — Antoine RUIZ @ 21:51

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SAINT EMILAND   

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Messe dans le bois du Saint

Source d’eau potable aux multiples bienfaits

NOTICE  HISTORIQUE ET CRITIQUE DE SAINT EMILIEN Evêque de Nantes Mort à Autun au VIIIe siècle  Ecrit par l’Abbé CAHOUR, Aumônier du Lycée de Nantes, membre de la Société française d »Archéologie et de la Société Archéologique de la Loire-Inférieure. Livre publié chez MAZEAU, libraire, vis-à-vis l’Evêché  NANTES  1859 

L’Histoire de saint Emilien

 Toute son Histoire 

Nous commencerons par exposer la vie allégée de notre illustre Pontife, telle qu’elle résulte de l’ensemble et de l’accord de tous les documents trouvés le concernant.

Emilien était breton d’origine et issue d’une illustre famille.

On peut présumer aussi qu’il était Nantais, ou tout au moins qu’il avait de la famille à Nantes ou dans les environs. On va même à supposer qu’avant sa promotion à l’Episcopat il vécu dans le siècle et fut marié.

Les habitudes guerrières d’Emilien porteraient également à croire qu’il aurait, comme la plupart des nobles bretons de cette époque, exercé la profession des armes.

Quoi qu’il en soit de ces conjectures, il est certain que le saint Prélat joignait aux avantages de la naissance des qualités personnelles éminentes et qu’il jouissait d’une grande considération dans son pays.

 C’était, nous dit son plus ancien historien, un homme d’une physionomie agréable, d’une éloquence douce et persuasive et d’une foi vive et ardente. Il se distinguait plus particulièrement par son amour pour Dieu et par sa charité envers les hommes.

Ces belles qualités fixaient déjà sur lui les regards, quand l’Evêque de Nantes, qui était Amelon, étant venu à mourir, l’accord commun du clergé et du peuple désigna Emilien pour son successeur.

Le nouvel Evêque se voua tout entier au soins de son troupeau et il ne s’occupait que de l’édifier par ses discours et ses exemples quand il apprit que les Sarrasins d’Espagne franchissant les pyrénéens, mettaient les provinces méridionales de la Gaulle à feu et à sang et s’avançaient jusque dans la Bourgogne, répandant de toute part la profanation et le pillage.

Nous remarquerons en passant qu’il ne peut être ici question que de la première irruption de ces barbares, sous la conduite d’Ambisa et de ses généraux, car l’expédition qu’Emilien dirigea contre eux précéda la ruine d’Autun qui eut lieu en 725.

   Saisi de douleur à la vue des désastres de cette guerre et des périls qui couraient la religion et la patrie, Emilien prit une résolution héroïque.

Il convoque un jour son peuple dans sa cathédrale et, nouveau Macchabée, l’exhorte avec force en disant, qu’il valait mieux périr dans une guerre juste et sainte que de rester froid spectateur des malheurs de son pays et de l’opprobre des choses sacrées et il annonce qu’il marchera lui-même à la tête de ceux qui voudront le suivre contre les ennemis du nom chrétien.

  Son discours est accueilli par les acclamations les plus vives et aidé du compte de Nantes il réuni autour de lui plusieurs de ses proches et un grand nombre d’étrangers. A quelque temps de là, la cathédrale se remplissait de nouveau des guerriers prêts à partir.

Le pieux Pontife à l’autel, au milieu des saints mystères, élevait avec larmes ses mains suppliantes vers le ciel et fortifiait ses compagnons en leur distribuant le pain eucharistique.

Cette touchante cérémonie achevée il fit ses adieux à ses concitoyens et accompagné de leurs vœux et de leurs sanglots il sortit de la ville.

Peut être demandera-t-on comment expliquer cette expédition militaire de la part d’un évêque.

Il faut se reporter au temps et aux circonstances où vécu Emilien.

Né à une époque de guerres continuelles au milieux d’un peuple belliqueux entre tous, et dans une condition presque exclusivement vouée à la profession des armes, il n’est pas surprenant qu’il est prit les habitudes de sa nation, et que, même après sa promotion à l’épiscopat, il ait, dans un péril extrême songé à mettre au service de son pays son expérience militaire et la confiance que lui vouait le peuple.

La guerre avec les Sarrasins était une guerre exceptionnelle. Ces envahisseurs avaient asservi les plus belles contrés de l’Asie et de l’Afrique, ils s’étaient emparés de l’Espagne, ils ravageaient le Midi et s’étendaient vers l’Est et menaçaient celle du Centre, où six ans plus tard ils portèrent la désolation.

Encore quelques succès semblables et l’Europe entière devenait musulmane. Pour comble de malheur, le seul homme qui eut pu opposer une barrière infranchissable à cette inondation des barbares musulmans, Charles-Martel était occupé par une autre guerre en Bavière et nos provinces étaient sans défense.

C’est donc avec un noble et légitime orgueil que nous pouvons contempler notre saint Evêque Emilien, s’armant pour la défense de la religion et de son pays et le suivre avec sa troupe généreuse dans les divers incidents de son entreprise.

En sortant de Nantes, ils marchèrent à grandes journées vers la Bourgogne et ayant appris que les barbares assiégeaient Autun ils se dirigèrent vers cette ville.

Autun était une cité chrétienne opulente et remplie de monuments gaulois et romains. C’était une riche proie qu’Emilien eut voulu arracher aux Sarrasins. Sans perdre du temps il donna avis de son arrivée aux Autunois et bientôt une première rencontre a lieu avec l’ennemi à Saint-Forgeot à une lieue et demie d’Autun (6 km).

Bataille de Saint Jean de Luze le mercredi 22 août 725 

Emilien et sa troupe sont vainqueurs, ils poursuivent les Sarrasins, jettent le désordre dans leur camp et arrivent aux portes de la ville d’Autun, qui leur sont ouvertes. Plus que comme un frère les Eduens l’accueillent comme l’envoyé de Dieu.

Grande fut la joie des Eduens à la vue de ce secours inespéré. Profitant de ce moment de trouble de l’ennemi, les troupes Bretonnes et Eduennes se réunirent sous la conduite d’Emilien qui ordonna une attaque subite et culbuta les Sarrasins sous les murs même de la ville au lieu appelé Saint-Pierre l’Etrier.

Quelques jours après, une nouvelle bataille eut lieu à la Creuse-d’Auxy et ce fut encore une nouvelle victoire pour notre Evêque et les chrétiens qui firent un grand carnage des infidèles et les poursuivirent jusqu’à Saint Jean de Luze, à quatre lieues (16 km) d’Autun vers l’orient, non loin de Couches.

A Saint Jean de Luze, tandis qu’ils achèvent leur victoire ils sont eux même à leur tour surpris par une nouvelle et formidable armée de Sarrasins qui remontant la vallée rhodanienne accourue depuis  Chalon.  Il n’y avait d’égalité ni de force ni de nombre.

Cependant, Emilien ne perd pas courage, il rallie promptement ses soldats, les félicite de ce qu’ils n’ont jamais tremblé devant l’ennemi, les exhorte à demeurer inébranlables dans leur foi et de mettre leur confiance en Dieu puis il s’élance de nouveau avec eux au combat.

On dit qu’alors, qu’Emilien rencontrant le chef des infidèles qui faisait un grand massacre de chrétiens il le terrassa.  Emilien entouré de toutes parts par le nombre important des soldats ennemis  fut frappé,  tomba et son corps se trouva percé de toute part.

Comme il priait et exhortait encore, on lui trancha la tête. Avec lui périrent presque tous ses compagnons.

Les Autunois prirent grand soin des restes du saint Pontife, ils élevèrent sur son tombeau, au milieu du champ des morts un petit oratoire qui devient bientôt un lieu de pèlerinage très fréquenté.

Au XIe siècle les reliques du Pontife furent levées de terre et transportées solennellement dans l’Eglise paroissiale. Tout porte à croire que ce fut à partir de cette époque que cette Eglise et le plateau sur lequel elle est assise changèrent leur nom de Saint Jean de Luze par celui de Saint Emiland, nom que ce village porte encore aujourd’hui.

Ce fut aussi à l’occasion de cette translation que l’on commença à chanter en l’honneur du saint Pontife le répons suivant, qui faisait partie de son ancien office.

« O Gaulle, que tu es heureuse, que tu es belle,  Ô cité des Eduens, quand tu reçois Emilien, Excellent amis de Dieu, incomparable trésor, plus précieux pour toi que toutes les richesses, il te défendra contre toutes les adversités, il te comblera de ses nombreux bienfaits, en reconnaissance de tes dévotes prières. Entonne un cantique de louanges à Jésus-Christ, au jour où tu exaltes celui dont le patronage et les éclatants et continuels miracles te rendront illustre » 

 

 Ce chant fut adapté beaucoup plus tard par celui que nous connaissons aujourd’hui et qui est chanté à la messe annuelle dans les lieux de la source d’eau où la bataille emporta le Pontife

O pontife admirable, amis du Tout-Puissant, rend-nous Dieu favorable, vaillant Saint Emiland. Nous sommes venus te chanter encore, pontife saint, héros Breton. Tout cœur chrétien t’aime et t’implore, tout cœur français bénit ton nom. Donner sa vie pour ceux qu’on aime, est-il amour plus fort, plus grand ? A toi cette gloire suprême, tu meurs pour nous Saint Emiland. 

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Le pèlerinage de Saint Emilien devenant de plus en plus célèbre, il se forma, dans son église et sous son patronage, une confrérie qui fut régulièrement approuvée par Jacques Hurault, évêque d’Autun de 1512 à 1546.

La fête du saint est indiquée par la plupart des écrivains comme étant célébrée le dimanche dans l’octave de Saint Jean-Baptiste. Soit, dimanches après la Saint Jean.

Elle ne cesse encore d’attirer un grand nombre de pèlerins empressés de visiter les reliques de leur puissant protecteur. L’identité de ces reliques avec celles qui existaient avant la révolution de 1793 a été constatée par une information canonique de 1855.

Enfin, soumis à l’approbation de Rome, avec le Propre autunois, en 1856, il fut confirmé par décret de SS le Pape Pie IX et sur la demande de l’Evêque d’Autun étendu à tout son diocèse. L’année suivante la même autorité l’approuva pour le diocèse de Nantes et fixa sa fête sous le double rit au 3 septembre.

Sous l’appui de tous ces faits importants nous pouvons cites certains : celui du savant Mabillon.

Ayant quitté Couches, nous arrivâmes au village de Saint Emiland, à l’entrée duquel nous rencontrâmes un cimetière et au milieu un petit oratoire entouré des grandes et innombrables tombes en pierre, dont le couvercle, également en pierre, sortait de terre.

Etonnés par la singularité du fait, nous interrogeâmes aussitôt des paysans qui nous dirent que le patron de ce lieu était Saint Milan (c’est ainsi qu’ils le nomment) et que ces cercueils étaient tombés du ciel par la protection de leur seigneur Milan, pour la sépulture des chrétiens tués en cet endroit par les Sarrasins.

Nous allâmes trouver le recteur de la paroisse, auquel nous demandâmes l’explication. Il nous raconta ces mêmes croyances répandues parmi la population depuis très longtemps. Il nous dit ensuite, que les reliques de Saint Emilien étaient en grande vénération parmi les populations des environs. 

Il poursuivi, je vous ai parlé des sarcophages où reposent les compagnons du Saint ; il y avait un si grand nombre du temps de Mabillon, qui les visita en 1682, que la tradition populaire prétendit que les héros bretons avaient été ensevelis dans des sépulcres en pierre, descendus du ciel…..

Un musée d’Autun garde une épée antique qui fut longtemps conservée dans le cœur de l’église ; on l’appelait « l’épée de Saint Emiland » (lettre du 7 juillet 1856)

Catalogue des Evêques de NANTES 

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Hairco ou Harco ou Haitto, n’est connu que par les catalogues ;

Pascarus ou Paschasius ou Poscherius ou Pasdcaire et Pasquier, fonda le monastère d’Aindre – décédé vers 680 ;

Taurin, évêque en 682 ;

Agathée, comte de Nantes et de Rennes ;

Amelon ou Amnon ou Amithon, succéde à Agathée dans les catalogues ;

Emilien ou Millan, décédé vers 726 ; 

Salvi, vers 751 ;

Deomard ou Deotmard, assiste au concile de Compiègne en 757 ;

Odilhard ou Odilard, cité 797 et décédé en 814 ;

Alain ou Alman ou Almain ;

Extrait du procès-verbal  des reliques de Saint Emiland, diocèse d’Autun, dressé en 1736

Ad Perpetuam Rei Memoriam 

Nous soussigné, Maître Louis Thonard, archiprêtre, curé de Couches, commis par Maître Seurre, docteur en théologie, très vénérable chanoine et prévôts de l’Eglise cathédrale, vicaire-général  et official du diocèse d’Autun, en vue de la requête présentée par Jean-Baptiste Amyot, prêtre curé de Saint Emiland, le 27 juin de l’année 1736, pour vérifier, transférer et poser les reliques dudit saint Emiland dans une chasse beaucoup plus décente que l’ancien buste qui le contenait auparavant, ce qui a été fait à la vue d’une grande multitude de peuple, accourue de toutes parts, des provinces voisines et de plusieurs prêtres et curés des environs, lesquels ont été témoins de cette pieuse et célèbre cérémonie, laquelle a été faite avec toute la dévotion et la solennité en tel cas requis, à l’issue des vêpres, du sermon et de la procession dite des reliques, qui ont été vérifiées par le sieur Guillemardet, chirurgien juré, commis à cet effet, lesquelles reliques ont été exposées à la vénération d’un très grand nombre de fidèles assemblés à cette auguste cérémonie, qui ont paru y assister avec beaucoup de pitié et de religion et à la joie de tout le monde, lesquels prêtres et curés se sont soussignés.

Fait à Saint Emiland le trente juin mil sept cents trente six

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Je soussigné, Jean-Baptiste Guillemardet, Maître chirurgien à Couches et juré royal pour les rapports qui se font en justice, certifie qu’en suite de l’ordonnance de Me Seurre, docteur en théologie, très vénérable chanoine de l’église cathédrale d’Autun, en vue de la requête présentée par Jean Baptiste Amyot, prêtre curé de Saint Emiland, le 27 juin de l’année présente 1736 à moi communiqué par Me Louis Thonard, docteur en théologie, archiprêtre et curé de Couches ; je me suis transporté au village dit de Saint Emiland pour voir et vérifier les ossements des reliques du chef et du corps de saint Emiland et après les avoir soigneusement examinés, en présence de tous, Messieurs les prêtres et curés des lieux circonvoisins ci-dessus soussignés, de M. le compte de Ragny de Mlle Digoine, qui se sont aussi soussignés ci-dessus et d’un autre grand nombre de personnes qui s’y sont trouvés par dévotion, tant du dit diocèse que autres voisins.

J’ai reconnu le chef du dit saint Emiland, garni de son péricrâne à la réserve d’une portion qui en a été séparée, de la grandeur de trois travers de doigt et auquel il manque une partie des os pétreux et temporel du coté droit, que l’on s’assure, par tradition, être le coup qu’il reçut dans la bataille qui fut donnée dans la plaine du Champ-Sarrasin.

Et ayant cherché au fond de l’ancien reliquaire, il s’y est trouvé plusieurs ossements, les uns en leur entier, les autres cassés dont voici le détail…….

En fois de quoi, j’ai délivré le présent pour valoir et servir ainsi qu’il appartiendra. Ce 30 juin 1736 signé GUILLEMARDET

J’atteste que la présente copie est conforme aux textes que nous avons conservés dans la chasse des reliques de sain Emiland. Ce 9 juin 1855  signé  C.  BOUSSARD  prêtre, curé de Saint Emiland

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Procès-verbal d’enquête sur les Reliques de saint Emiland 

L’an de l’incarnation de Notre-Seigneur 1855, le lundi de Pentecôte, 28 mai, nous, Félix-Etienne Pequegnot, archiprêtre et curé de Couches, en vertu d’une commission à nous donné par M. Bouange, archidiacre et vicaire-général d’Autun, nous sommes transportés dans la paroisse de Saint Emiland pour informer sur le culte et les reliques du saint Patron de cette église. Là, en présence de M. Claude Boussard, curé de Saint Emiland, de M. Jacques Bidault docteur en médecine domicilié à Couche, du conseil de fabrique, des anciens de la paroisse et d’un grand nombre de fidèles, nous avons fait déposer sur le grand autel la châsse de saint Emiland, chanté l’hymne et l’oraison des saintes reliques, nommé pour assesseurs en cette procédure, MM. Claude Bernardon, curé de Saint Bernardin de Command et Lazare Renaud l’un de nos vicaires et constaté la tradition des paroissiens sur le culte de saint Emiland.

Nous avons reconnu que les fidèles de Saint Emiland ont une grande dévotion pour ce saint, que son culte remonte à un temps immémorial, qu’une foule de pèlerins sont venus encore honorer ces saintes reliques. On nous a présenté deux opuscules imprimés contenant la vie du saint et des prières en son honneur. On nous a dit qu’il n’y avait pas d’autre jour de fête que le samedi après la Nativité de saint Jean-Baptiste que la confrérie érigée par Jacques Hurault, évêque d’Autun, compte encore quelques membres étrangers mais que les brefs apostoliques qui l’approuvent n’existent plus.

Ensuite, nous avons interrogé plusieurs témoins sur la conservation des reliques pendant la Révolution. Jean Louis Bidault, ancien maire, âgé de 71 ans, Nicolas Brochot, âgé de 91 ans et Françoise Berthier, veuve de Jean Claire, âgé de 95 ans, nous ont attesté que les reliques de saint Emiland à l’époque de la dévastation des églises, furent placés d’abord chez Pierrette Clair, femme de Jean Jakson, ensuite cachées au clocher puis exposées de nouveau à la vénération des fidèles.  Les ossements renfermés dans la châsse ayant été examinés par le M. le docteur Bidault, commis par nous à cet effet, il résulte de son rapport, joint au procès-verbal qu’ils appartiennent tous à un même sujet du sexe masculin et qu’il manque au corps tous les ossements non mentionnés dans son rapport.

Nous les avons enveloppés de coton et d’une étoffe de soie neuve et nous avons scellé la châsse de notre cachet formé par les lettres entrelacées FP et du sceau de Monseigneur l’Evêque, appliqué sur cire d’Espagne, rouge.  Enfin nous avons fait signer le présent PV par M. le curé de Saint Emiland.   Le 26 août 1858.

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Le miracle de Saint Emiland 

Le délégué, BOUANGE, vicaire général.

Les choses étaient à ce point, lorsque nous arrivâmes à Autun. Le jour même, l’abbé BOUANGE s’en pressa de nous remettre le précieux trésor qui nous était destiné. Nous le reçûmes avec transport et reconnaissance, au nom de notre évêque et du diocèse de Nantes. Il na nous quitta plus depuis. C’était aux pieds de saint Emilien que nous venions prier et réciter le saint office, c’était en sa présence que le soir, revenus de nos courses, nous rédigions nos notes et nous demandions au Saint de nous donner lui-même l’intelligence de ces actes.

Nos rapports avec les habitants de Saint Emiland nous permirent d’apprécier mieux encore le sacrifice qu’ils s’étaient imposé pour nous. Parmi ceux qui vinrent nous entretenir au presbytère, nous distinguâmes un cultivateur, dont le discours nous toucha tellement que nous le recueillîmes séance tenante et pour ainsi dire, sous la dictée même du narrateur. Il nous semble révéler le caractère de ces religieuses populations, mieux que tout ce que nous pourrions dire, c’est pourquoi nous le reproduisons.

Je viens, Monsieur, dit Charles V……..  Vous raconter une guérison dont j’ai été moi-même l’objet. Je n’avais que 16 ans, des bains pris imprudemment dans un étang m’occasionnèrent une cruelle maladie. Mes mains et mes jambes enflèrent, je fus pris des douleurs atroces, je souffrais comme si on m’avait coupé les membres. Il suffisait de me toucher pour m’arracher des cris déchirants. Je ne pouvais me servir de mes pieds ni de mes mains. On était obligé de me porter et de me faire manger comme un enfant. J’ai été deux ans dans cet état, sans qu’aucun des remèdes que j’employai ne m’apportât de soulagement.

Voyant la foi des pèlerins dans la protection du bienheureux saint Emilien, je fus pris de la même confiance et je fis prier M. le curé de vouloir bien exposer les saintes reliques sur l’autel et me permettre de passer quelques heures en prières devant elles.  Après s’y être refusé pendant longtemps, M. le curé consentit enfin. Mon père me conduisit en voiture, du village de La Troche, où je demeurais jusqu’à l’église. Il fut obligé de me porter dans la chapelle. J’y restais 6 heures entières, suppliant le bon saint Emiland de me guérir ou de me faire mourir, tant je souffrais.

Le soir, mon père revint avec la voiture. Mon père, lui dis-je, il me semble que je m’en irai bien seul. En effet, je me levai, je sortis de l’église sans aucun secours et je m’en retournais jusqu’à mon village, sans me servir des bâtons que l’on m’offrait. J’étais guéri ! Depuis lors, en effet, je n’ai plus ressenti de douleurs, ni de difficultés à marcher. Je suis laboureur, je travaille à journées entières, à la terre, sans éprouver plus de fatigue qu’un autre. Je me suis marié à l’âge de 32 ans, j’en ai 38, et j’ai trois enfants bien portants.

Ce n’est pas, du reste, la seule fois, ajouta Charles V……  que j’ai éprouvé d’une manière sensible la protection du Bienheureux, et si je suis venu vous raconter ces choses, ce n’est point par vanité, mais parce que j’ai entendu dire qu’il était question de nous enlever les reliques du bon saint Emiland, chose que nous ne voudrions pas et à la quelle, pour ma part, je ne pourrais consentir. Vous en comprenez bien la raison : c’est mon protecteur, celui de ma famille et de toute la paroisse. Ce sont nos pères qui nous l’on confié et nous ne pourrions permettre qu’on nous l’enlevât.           

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L’Epée et le sarcophage de Saint Emilien Le texte sera bientôt ici    ……

Point de vue du chanoine Denis GRIVOT 

A cet épisode du sac d’Autun se rattache la légende de Saint Emiland, on signale le nom de saint Emilien dans le martyrologe Bernensis  datant du VIIIe siècle, d’origine autunoise, mais on attribue à Emilien les huit fils de Saint Eléazar (démenti en bloc).  Dans les Chroniques de MOISSAC l’évènement se serait passé le 22 août 725 Notre chanoine GRIVOT, qui a fait un immense travail historique focalisé sur Autun et sa région semble être surpris pour mieux se justifier lorsqu’il mentionne dans son ouvrage « AUTUN » qu’il n’y ait eu plus de trace d’Emilien jusqu’au XVIe siècle qu’on se mit à écrire force détail relatifs à Saint Emilien, jusqu’à changer le nom de notre village Saint Jean de Luze par celui de Saint Emiland, qu’il y ait eut la fondation d’une confrérie et qu’on attribut à ce Saint le pouvoir de guérir les maux de ventre. En 1592, Etienne Chaffault, clair du diocèse d’Autun à la Cathédrale, composa même un office dédié à Saint Emiland, et puisque personne ne pouvait le contredire, il fit du Saint un évêque de Nantes.  A Nantes personne n’a jamais entendu parler de lui ! Et pour corser l’affaire, Etienne Chaffault en fit un contemporain de Charlemagne et de Roland. On attribuait aussi à Saint Emiland le pouvoir de guérir les hernies,  les chutes, les calculs et bien d’autres comme la guérison de la stérilité des femmes… si elles buvaient de l’eau de la source bénite du Saint le matin à la levée du jour. 

C’était la période faste pour l’Eglise, les croyances en tout genre, les indulgences et autres facéties commerciales et qu’à force de les répéter ils finissaient par devenir  des vérités crédibles pour sous tirer le peu d’argent qui circulait.  Sur ce point, seulement la forme a changé aujourd’hui… 

Visiblement notre chanoine n’aimait pas beaucoup cette histoire de Saint Emiland. Il faut dire qu’il était plus focalisé sur le démon de la Cathédrale d’Autun que sur les Saints qui la garnissaient. Ce qui revient au même car, un démon, n’est qu’un ange déchu de ses pouvoirs divins. Pur produit de l’imagination pour manipuler les croyants, encore et encore.

Rue Emilien Evêque à NANTES

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